Anne-Marie, aide-soignante de carrière

13/4/2023
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Aujourd’hui retraitée, Anne-Marie a fait toute sa carrière en tant qu’aide-soignante au sein du même hôpital et du même service. Une expérience qui lui aura permis de nouer des liens forts avec ses collègues et avec certains patients.

Pourquoi avoir choisi le métier d’aide-soignante ?

Après avoir raté mon bac, je me suis inscrite à l’école d’auxiliaire puéricultrice, car je voulais m’occuper d’enfants. Mais ça ne s’est pas très bien passé, même si j’ai eu mon examen. J’ai travaillé en village de vacances puis en maternité avant d’être embauchée à Saint-Etienne comme aide-soignante. Ensuite, j’ai regretté de ne pas avoir fait l’école d’aide-soignante à l’époque car je trouvais que j’avais beaucoup de lacunes, mais à la base, je ne pensais pas faire toute ma carrière là… Et finalement, j’y suis restée !

Qu’est-ce qui te plaît le plus et le moins dans ton métier ?

J’ai fait toute ma carrière en réadaptation fonctionnelle. Il y avait une population variée, des tétraplégiques, des personnes arrivées suite à un AVC… Le travail pluridisciplinaire m’intéressait, ainsi que les relations avec les médecins, qui étaient très à l’écoute, et surtout le contact avec les patients et les familles, qu’il fallait essayer de réconforter autant que possible. J’avais aussi de très bons collègues. En revanche, même si on le sait quand on fait ce métier, il est très dur de voir des personnes malades pendant toute sa carrière. Même si on n’avait pas beaucoup de décès dans le service, je n’en pouvais plus de toutes ces histoires de vies brisées.

Qu’est-ce que la plupart des gens ignorent sur le métier d’aide-soignante ?

On voit des services où les filles ne sont pas du tout sympathiques entre elles, il y a peu d’empathie dans le personnel, c’est chacun pour soi. C’est dommage, car c’est un métier de l’humain… Heureusement, il y en a d’autres où il y a une très bonne ambiance !

Quels conseils donnerais-tu à la soignante débutante que tu étais ?

Il faut beaucoup d’empathie et de sensibilité, mais aussi une vie personnelle très riche à côté, car c’est un métier qui peut détruire. Les nouvelles doivent avoir conscience des contraintes, c’est-à-dire travailler le dimanche et les jours de fête et être solidaires entre elles. Et il faut avoir vraiment envie de faire ce métier. On peut y arriver par hasard, comme moi, mais si on sent que ça ne nous convient pas, il faut chercher autre chose.

Y a-t-il un moment où tu t’es dit "c’est pour ça que je fais ce métier" ?

Ce ne sont pas des moments en particulier, mais il y a des personnes qui marquent, comme mes ex-collègues, dont j’étais très proche, et qui avaient même organisé une surprise dans le service pour mes 60 ans. Il y a aussi eu un patient paraplégique qui n’avait aucune ressource, et qui est encore hospitalisé tous les weekends. Il était dans le service quand j’ai fait une mission, et quand il m’a vue, il m’a reconnue tout de suite, il m’a même demandé pourquoi je ne travaillais plus et pourquoi je ne venais pas tous les weekends !

Propos recueillis par
Séverine Dégallaix

Son avis sur Hublo

“ Je suis à la retraite depuis juillet 2021, mais je prends encore des missions de temps en temps avec Hublo. ”

Anne-Marie

aide-soignante

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