Johanna, IDE par vocation

31/1/2023
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Il y a prodiguer les soins nécessaires, et il y a aller plus loin, ce que Johanna essaie toujours de faire avec ses patients. Car pour elle, une bonne infirmière doit aussi être présente et savoir expliquer ce qu’elle fait et pourquoi.

Pourquoi avoir choisi le métier d’infirmière ?

Depuis l’âge de 4 ans, je disais à ma mère que je voulais être infirmière, et elle me répondait que j’avais le temps de changer d’avis, ce à quoi je rétorquais « Elle soigne et elle fait du bien. » Après un bac ES, j’ai passé le concours. Je l’ai eu, mais je m’étais inscrite à la fac de psychologie au cas où, et j’ai décidé d’y aller pour découvrir une approche du comportement humain. Ensuite, j’ai repassé le concours, et cette fois, je suis entrée à l’école d’infirmière, d’où je suis sortie en 2010.

Qu’est-ce qui te plaît le plus et le moins dans ton métier ?

J’aime transmettre, et pas seulement aux étudiants : je parle aussi aux patients et familles pour leur expliquer ce qu’on fait et pourquoi. Beaucoup ne connaissent pas vraiment leur maladie et ne comprennent pas pourquoi on leur fait une prise de sang par exemple, alors que c’est important. De plus, parce que la médecine évolue, je suis en perpétuel apprentissage et je ne m’ennuie jamais !

En revanche, le manque de personnel est une vraie plaie. On essaie de compenser dans la prise en charge des patients en leur expliquant : « Aujourd’hui, on se verra moins car il manque une infirmière », et ils aiment cette transparence, mais c’est quelque chose qu’il faut gérer.

Qu’est-ce que la plupart des gens ignorent sur le métier d’infirmière ?

On a souvent droit à « Ah, tu es infirmière, tu fais des piqûres et des pansements. » Si ce n’était que ça !

Il y a tout l’aspect relationnel et social qui découle d’une prise en charge. Je me souviens d’une patiente qui était complètement paniquée de se retrouver à l’hôpital, et en discutant avec elle, j’ai découvert qu’elle était mère célibataire, que ses enfants sortaient bientôt de l’école et qu’elle n’avait pas de solution pour les faire garder, alors je l’ai aidée en téléphonant aux voisins et amis.

Les gens ne se rendent pas compte de tout ce qu’on fait, quand ils nous voient déjeuner à 15h, ils nous disent « Ah, encore en pause-café », alors qu’on n’a tout simplement pas eu le temps de manger de la journée.

Quels conseils donnerais-tu à la soignante débutante que tu étais ?

Une bonne prise en charge, c’est 50 % de soins techniques et 50 % de relationnel. Il ne faut pas oublier que la personne face à nous est un être humain.

Y a-t-il un moment où tu t’es dit "c’est pour ça que je fais ce métier" ?

En première année, j’ai annoncé à une patiente que je finissais mon stage et qu’on ne se verrait plus. Elle m’a dit « J’en ai vu passer, des stagiaires et des infirmières, mais vous, vous savez soigner aussi bien physiquement que psychologiquement. Ne changez pas, continuez à nous voir comme des êtres humains même si on est malades et vieux. »


Propos recueillis par
Séverine Dégallaix

Son avis sur Hublo

“ C’est super de pouvoir choisir des missions où on veut et quand on veut ! En général, je fais des missions dans les services que je connais déjà. Sinon, avant d’accepter, je vais faire un tour dans le service en question pour m’assurer que c’est dans mes capacités. ”

Johanna

Infirmière

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